Oyez bonnes gens!
Gouvernement, syndicats, COP21, organismes, théâtres, cinémas, salles de spectacles tirent le bilan d'une année difficile, mais que chacun qualifie de bonne. Tous s'emploient à exposer des chiffres éloquents, positifs et optimistes. Chacun oublie les mensonges, les erreurs, les aveuglements, les tricheries, les mascarades écoulées.
Dans toute hiérarchie, il semble que dans les hautes sphères l'indélicatesse des chiffres interprétés de façon avantageuse soit de mise. Il est de notoriété publique qu'aux chiffres, on fait dire ce que l'on veut et partout on use et abuse de tableaux, graphiques et bilans. Après, leur présentation est une question de communication. On se compare à d'autres ou à des années précédentes, on occulte des parties, on explique que la réorganisation passée commence à porter ses fruits. On se justifie à forces de mots et de dessins. On affiche un sourire carnassier face à une assistance immobile et indifférente. Personne pour se lever le point levé hurlant aux mensonges, ni même pour questionner sur les omissions, les non-dits.
Les bilans devraient être révélateur, mais la communication bien faite cache, le plus souvent, toutes les horreurs prévisibles d'une mauvaise année à venir. Les vœux aseptisés remplacent les signaux d'alertes qui devraient clignoter devant nos yeux horrifiés. Nous restons aveugle face aux évidences cachée, nous satisfaisant de l'optimisme feint venant d'en haut et c'est de là, de ces cimes que nous tomberons plus tard, découvrant trop tard les vérités qu'un bel emballage de fête aura suffit à nous cacher.
Oyez donc, bonnes gens, mais avec plus de discernement.
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