mardi 12 janvier 2016

Le point central

 On apprenait avec étonnement en 2012 que les cuves des réacteurs nucléaires de Tihange 2 et Doel 3 présentaient des "micro-fissures" dont la largeur de certaines peuvent s'étendre jusqu'à 20mm. Cela ne semblait pas inquiéter outre mesure l'autorité de sûreté nucléaire belge puisque les centrales ne sont restées que peu de temps à l'arrêt, une année à vrai dire.

 La cuve est un élément essentiel de la sûreté nucléaire. Une rupture de cuve peut entraîner la perte du liquide de refroidissement et mener à un accident nucléaire avec rejets de radioéléments et fusion du cœur. De plus, la cuve et l'enceinte de confinement des réacteurs sont les deux éléments qui ne peuvent physiquement pas être remplacés. Point n'est besoin d'être savant pour comprendre que l'étanchéité de la cuve est primordiale et qu'une attention particulière et de tous les moments est indispensable. Aucun besoin d'expliquer non plus qu'aucune imprudence ne peut être tolérée.

 Hélas, s'il est facile d'expliquer pourquoi les cuves sont si importantes dans le processus de fonctionnement de nos centrales, la compréhension des raisons qui ont conduit au redémarrage de nos deux centrales sont plutôt vagues aux yeux des profanes que nous sommes. Cela devient inquiétant lorsque des scientifiques, qui eux comprennent mieux que nous les rassurantes conclusions d'Electrabel, sont en total désaccord avec celles-ci. Nombres de scientifiques et de politiques se demandent si la part de risque n'est pas trop grande.

 Ce qui nous inquiète aussi, ce sont les pannes qui se répètent continuellement. Et même si nos ministres nous disent que cela n'arrive pas aussi souvent que cela, mais qu'elles sont surmédiatisées, l'agence internationale de l'énergie atomique AIEA constate que de tous des 30 pays au monde disposant de centrales nucléaires, notre pays possède le taux de "perte de capacité imprévue" le plus élevé.(perte de capacité imprévue = tout arrêt qui n’a pas été planifié 4 semaines à l’avance.) Pour donner un chiffre clair, la moyenne mondiale de cette perte de capacité imprévue pour la période 2012-2014 est de 3.8 % et la moyenne de nos 7 centrales est lui de 20.5 %.

 On peut aussi s'inquiéter de la rumeur de sabotage du réacteur de Doel 4 et du survol de nos centrales par des drones.

 Voilà à mon sens le résumé des raisons qui doivent nous inciter à exiger une parfaite transparence de la part du gestionnaire des centrales et de nos autorités. N'oublions pas que la proximité de la population et des installations nucléaires augmente le risque en cas d'accident.

 Il faut espérer que je sois un alarmiste et que mes peurs soient loin d'une réalité beaucoup plus sécurisante. Mais si, comme moi, vous avez la légitime inquiétude de notre avenir nucléaire et que vous tenez pour possible un futur accident, je vous conseille de parcourir cet excellent site qui semble bien documenté et n'est, en aucun cas, alarmiste.

http://www.risquenucleaire.be/

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