samedi 2 janvier 2016

Ils n'y vivent pas! Radions les!

 En voilà un beau sujet qui ravira les yeux du lecteur attentif et qui alimentera les conversations des longues soirées alcoolisées. L'injustice, quand elle est dévoilée, suscite de belles joutes verbales sonores et enflammées. Les hommes haussent la voix et les dames augmentent les aiguës. On se coupe la parole, on se met en avant, on surenchérit comme dans les télé-achats.

 La fraude, mot maudit, qui irrite le quidam et fait rougir le sanguin jusqu'aux oreilles, est l'un des fléau de notre société. Elles sont nombreuses et se multiplient sans cesse, preuve que l’imagination du resquilleur ne tari jamais. Le SDF, le sans-papier, l'étranger, le chômeur, l'indépendant, la petite et la grosse entreprise, le diamantaire, le multimillionnaire et la multinationale, tous sont suspect. Les grands commis de l'état ne sont pas seul à chercher à débusquer les tricheurs. Ils sont épaulé par les médias et quelques fois par la dénonciation de l'honnête citoyen outré du comportement incivique du fraudeur.

 De tout les comportements malhonnêtes qui gangrènent notre société, j'aimerais en épingler un particulièrement: la fraude à la domiciliation. C'est un grand classique, je l'admet, mais, comme pour les mensonges, c'est le plus évident qui passe le mieux. Nos élus promettent des enquêtes de grandes envergures faites par nos vaillants fonctionnaires zélés. Les chiffres semblent leur donner raison, d'ailleurs. En 2013, l'Office National de l'Emploi a constaté 8.379 cas litigieux, soit deux fois plus que l'année précédente. Le travail diligent des inspecteurs a permis de récupérer 33 millions d'euros. Les chiffres m'ennuient, mais ils sont utiles pour démontrer à quel point le problème est pris au sérieux par les autorités, bien que le montant récupéré me laisse perplexe au regard des sommes détournées par d'autres. On dit que la fraude fiscale en Belgique pèse entre 5 et 6% du Produit Intérieur Brut (PIB). Cela représente entre 16 et 20 milliards*.

 Est-ce alors le côté immoral de la fraude qui rend nos élus aussi ardent? Je le comprends et je le soutiens pour certains qui n'ont absolument pas besoin de ces allocations, ces cumulateurs de travail au noir et d'allocations ou ses cohabitants nullement dans le besoin qui s'approprient les allocations comme argent de poche. Pour d'autres, en revanche, la fraude à la domiciliation, car c'est bien d'elle dont nous parlons, devient le seul moyen d'exister socialement car l'état pénalise ceux qui vivent ensemble. C'est le risque à prendre pour subsister, tant le cohabitant est purgé de toute ressource. Il y a une limite en deçà de laquelle vivre décemment devient pratiquement impossible. la tentation devient alors si grande que certain prennent le risque et passent le cap fatidique et deviennent de fait des fraudeurs. Rappelons ici, pour les distraits que la définition du fraudeur est la personne qui fraude et que les synonymes sont resquilleur, voleur, tricheur et trompeur. J'insiste maintenant et avec force sur le fait que je n’adhère pas du tout à la tricherie. Je comprends que cela soit punissable, même si je regrette que cela touche quelques fois des personnes qui pour échapper à la précarité n'ont trouvé que cette vile solution. 

Ces quatre paragraphes terminés, je pourrais m'atteler à une conclusion pleine d'empathie pour certains et haineuse pour d'autres. Mais je n'ai pas cheminé autant pour parler de quelque bougres dont le petit larcin sociale à été réprimandé. Ce chemin, je l'ai fait pour poser crûment la question suivante. Où est la justice si nos élus ne subissent pas la même punition pour un délit équivalent? N'ont-ils pas droit ,eux aussi, à l'agent de quartier, au contrôle de leur facture d'eau de gaz et d’électricité? Je ne suis pas là pour faire le procès à charge de l'un ou de l'autre, mais j'ai glané ça et la quelques noms, quelques témoignages via les biens pratiques moteurs de recherche du web. J'ai lu que quelques petits élus sont tombés. L'un d'eux parce qu'il habitait à moins de 200 mètres de la commune qui l'a plébiscité. Aussi je m'interroge sur l'apparente impunité de politicien bien en vue dans notre pays.





*Etude réalisée par le Département d'Economie Appliquée de l'Université Libre de Bruxelles, pour la FGTB en 2010




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire