jeudi 7 janvier 2016

Je suis charlot


Ici, loin de moi l'idée d'excuser, pardonner, absoudre, tolérer, justifier, légitimer ou atténuer ce qui s'est passé il y a un an à Paris. Je me souviens de l'émotion que j'ai ressentie ce jour-là. J'ai le souvenir de cette lassitude mêlée de tristesse qui envahissait mon corps et mon esprit.

C'est plus serein que je peux, aujourd'hui réunir mes souvenirs et les analyser. Parce que, ces jours-là, l'horreur des faits terroristes et terrorisants étaient amplifiés par la manipulation médiatique et les récupérations politiques. Certes, les évènements étaient exceptionnels de violence et d' une inhabituelle sauvagerie, mais cela explique-t-il que temps de professionnels aient franchi dans ces moments la ligne rouge, que tant de politiciens se soient exprimés sur tous les médias, souvent en termes dangereux pour la démocratie ?

Je m'interroge sur cette aptitude qu'a l'humain à être intellectuellement malhonnête ou à se mêler au plus grand nombre. Pourquoi, soudain, tout le monde est devenu Charlie ? Pourquoi tant d'abonnements à cette revue décriée, salie quelques jours ou quelques semaines auparavant ? Le même phénomène d'identification de masse se reproduisant fin 2015 après les attentats du Bataclan avec le drapeau français mixé avec la photo de profil Facebook.

Lorsque j'observe cela, je ne peux m'empêcher de me demander ce qui pourrait arriver si d'autres étincelles finissait par faire apparaître une flamme, ne serait-ce pas celle du FN qui finirait par mettre le feu aux poudres ? N'oublions pas que le meurtre d'un homme par un déséquilibré a mené quelques semaines plus tard à la Première Guerre mondiale. La mobilisation de masses peu se révéler très dangereuse et lorsque l'émotion l'emporte sur la raison, le pire pourrait arriver. Aussi, voir autant d'élus manquer singulièrement de réflexion durant ces évènements troublants, cela m'attriste considérablement... Comme souvent.

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